Texte libre

« L’ambition de notre société n’est pas le développement économique ou l’accumulation de biens, mais le développement de l’ensemble de la société. Un développement collectif et durable, qui s’accompagne d’une amélioration des conditions de vie et de la mise à disposition pour tous des ressources matérielles et immatérielles nécessaires pour permettre à chacun de vivre pleinement son humanité et sa citoyenneté active. La répartition des biens, des revenus, l’accroissement du niveau d’éducation et de santé de l’ensemble de la population, la capacité à maîtriser la violence, l’accès et la qualité des services publics, la vitalité de la vie sociale et démocratique, le degré d’égalité entre hommes et femmes, le respect de l’environnement, la maîtrise par les individus de leur temps, la qualité de vie, l’accès à la Culture, la sécurité économique... sont autant d’indicateurs qui permettent de mesurer la véritable richesse d’un pays ». (Dominique Méda)

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Vendredi 08 Juin 2007

Voici le texte de la chanson "Je suis un homme" interprétée par Zazie sur l'album "Totem". Tous les commentaires (de vos impressions à l'analyse littéraire des paroles) sont les bienvenus!

Je suis un homme de Cro-Magnon
Je suis un singe ou un poisson
Sur la Terre en toute saison
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Je suis un seul puis des millions
Je suis un homme au coeur de lion
A la guerre en toute saison
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Je suis un homme plein d'ambition
Belle voiture et belle maison
Dans la chambre ou dans le salon
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Je fais l'amour et la révolution
Je fais le tour de la question
J'avance, avance à reculons
Et je tourne en rond, je tourne en rond.

Tu vois, j'suis pas un homme,
Je suis le roi de l'illusion
Au fond, qu'on me pardonne
Je suis le roi, le roi des cons.

Je fais le monde à ma façon
Coulé dans l'or et le béton
Corps en cage, jeté en prison
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Assis devant ma télévision
Je suis de l'homme, la négation
Pur produit de consommation
Oui, mon compte est bon
Mon compte est bon.

Tu vois, j' suis pas un homme,
Je suis le roi de l'illusion
Au fond, qu'on me pardonne
Je suis le roi, le roi des cons.

C'est moi, le maître du feu,
Le maître du jeu, le maître du monde
Et vois ce que j'en ai fait,
Une Terre glacée, une Terre brûlée,
La Terre des hommes que les hommes abandonnent.

Je suis un homme au pied du mur
Comme une erreur de la nature
Sur la Terre sans d'autres raisons
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Je suis un homme et je mesure
Toute l'horreur de ma nature
Pour ma peine, ma punition,
Moi je tourne en rond, je tourne en rond

Je suis un homme et je mesure
Toute l'horreur de ma nature
Pour ma peine, ma punition,
Moi je tourne en rond, je tourne en rond

Moi je tourne en rond, je tourne en rond

Dimanche 13 Mai 2007

S’il fallait qualifier le monde d’aujourd’hui, et notamment celui des sociétés occidentales, je crois que l’adjectif le plus pertinent serait « désenchanté ». Bien sûr tout le monde reconnaît que nous Occidentaux, bénéficions, à l’aube du XXI°siècle, d’un confort matériel tel que nous ne l’avons jamais connu. Nous sommes enfants de ce progrès…matériel.

Cependant force est de constater que le progrès matériel ne s’est pas accompagné d’un progrès « spirituel » et que la croissance économique ne fait ni le bonheur, ni le bien vivre, ni même le vivre ensemble. De plus en plus de mouvements, d’intellectuels réfléchissent à de nouveaux indicateurs qui ne rendent pas uniquement compte du développement économique mais aussi du développement humain. On le voit bien, tôt ou tard nous serons amenés à renverser les idoles de la croissante éternelle, de la société de consommation et à réfléchir à un tout nouveau mode de développement.

 

Je n’approfondis pas cette question pour l’instant. Je voudrais brosser en quelques lignes le tableau du désenchantement qui signe l’impasse de nos sociétés modernes. Des jeunes qui dans les banlieues peuvent passer une journée entière assis sur un banc à regarder devant eux, des gens (vieux ou jeunes, garçons ou filles) de plus en plus victimes de mal être, de dépressions, des suicides de plus en plus nombreux eux aussi… Il ne faut pas se voiler la face, tel est bien le constat humain que l’on peut faire en regardant en face notre société.

Les causes sont certainement complexes et multiples mais ces phénomènes témoignent bel et bien d’une incapacité à donner sens à sa vie et à s’épanouir en tant qu’être humain.

Ce sont bien là les effets d’une société dans laquelle l’individu et le citoyens sont réduits à de simples agents économiques, des producteurs-consommateurs de masse : il est clair que le temps de vie est accaparé par l’activité productive (le travail) au détriment des nombreux autres temps de vie (temps politique, amical, familial, amoureux, culturel, artistique…) réduits, occultés voire annihilés.

Ce sont bien là les effets dévastateurs de l’économisme et d’une certaine idéologie scientifique qui prétendent résoudre les problèmes humains mais qui réduisent l’humain : non on n’est pas plus heureux parce qu’on consomme, non le progrès technique ou scientifique n’est pas forcément un progrès humain, environnemental.

Plus globalement et plus « philosophiquement » nous vivons aujourd’hui dans un monde dépoétisé, où l’injonction du réalisme et du profit tuent chaque jour un peu plus l’imagination, la créativité… En témoigne la disparition progressive des filières littéraires ou du moins leur transformation en voie de garages pour mauvais en maths.

 

Changer la vie aujourd’hui c’est la ré enchanter :

  • abolir le travail comme valeur centrale pour laisser s’épanouir les autres temps de vie

 

  • réhabiliter les valeurs du Beau, du bien être et du bien vivre (l’écologie prône aussi cette dimension esthétique dans son rapport à la nature).

 

  • rompre avec la logique du toujours plus qui génère déjà tant d’exclusion, de frustrations et de stress

 

  • prendre en compte et valoriser la diversité culturelle dans une société où chacun est respecté pour ce qu’il est

 

  • garantir la liberté de choisir sa vie, objectif qui n’est encore pas acquis et qui est freiné par tant de conformismes et conservatismes sociaux (mener une guerre sans merci à toutes les discriminations…)

 

  • Réaliser une société du respect, du vivre ensemble et du mieux vivre…

Ces grandes idées ne sont ni naïves ni angéliques : les humanistes et les progressistes savent qu’il faudra nous battre pour y parvenir, faire des efforts et mener un certain nombre de remises en cause pour changer de modèle de développement et construire une société plus solidaire, moins violente, plus respectueuse, bref plus humaniste…

Mercredi 09 Mai 2007

Aujourd'hui, comme tous les 9 mai, on fête l'Europe. Même si tout est loin d'être rose et que la construction d'une Europe politique, écologique et sociale reste à faire, il ne faut pas oublier tous les espoirs que cette entreprise historique suscite ni nier les succès qu'elle a déjà rencontrés: la paix, le progrès économique, la coopération et le dialogue entre les peuples....

Mais c'est à chaque citoyen européen de dire aujourd'hui ce que lui apporte l'Europe, ce qu'il attend d'elle... Alors ensemble écrivons cette page d'histoire rêvée par Kant, Hugo et de nombreux autres humanistes, ensemble portons l'Europe toujours plus loin, toujours plus haut, vers un horizon azur et or!

Lundi 30 Avril 2007

Haro sur Mai 68! C'est le mot d'ordre qui semble peu à peu envahir les discours et les programmes de nombre de nos hommes politique... N'y voyez aucune parano de ma part mais le débat était évoqué pas plus tard que ce matin sur France Culture.

Il est vrai qu'on a pu entendre, ici ou là, depuis quelques temps, accuser les "68ards" d'avoir pris le pouvoir et de ne l'avoir pas lâché, dans les médias, la politique et même dans le monde de l'entreprise. Alors on se réjouit: il est venu le temps d'en finir avec ces excités assagis et jugés opportunistes, enfin il est venu le temps de prendre une revanche sur Mai 68.

La question est simple: alors que la société française dans son ensemble semble avoir intégré la réflexion critique (toujours nécessaire) sur Mai 68, à quoi devons-nous nous attendre? Les valeurs d'hédonisme, d'émancipation, d'égalité, de liberté et de subversion de l'ordre (moral) établi qui sont celles de Mai 68 sont -elles responsables de tous nos maux (à l'école, au travail, dans la famille...)? Peut-être des excès idéologiques sont-ils nés de ce mouvement mais il en est de même concernant tous les grands enthousiasmes populaires et humains qui jalonnent l'histoire.

Le risque est clairement, au nom d'un droit d'inventaire légitime à l'égard des "dérives" réelles ou supposées du mouvement de Mai 68, de verser dans la dérive inverse qui consisterait à donner un coup de balancier dans l'autre sens... Et l'autre sens c'est la droite, l'ordre, le retour en force d'un certain ordre (moral) établi auquel nous sommes sommés de nous conformer...

Est-ce que les Humanistes n'auraient pas alors intérêt à réaffirmer avec force que la liberté de choisir sa vie, la liberté de mettre en question l'autorité qui n'est fondée que sur la crainte, le combat pour l'épanouissement de l'individu (dans une société où l'on parle de respect plutôt que d'autorité, de tranquillité plutôt que de sécurité) sont des valeurs essentielles que nous ne sommes décidément pas décidés à laisser caricaturer ou escamoter?

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