Montaigne, un des plus grands humanistes du XVI° siècle, écrivait : « Tout homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition ». L’humanisme, c’est donc la reconnaissance de notre identité dans l’humanité et la réalisation de cette humanité !
Ce sursaut d’humanisme, de nombreux citoyens l’attendent ! Nous ne pouvons plus supporter l’économisme triomphant qui impose sa réalité et ses schémas à tous. Nous ne pouvons plus accepter que l’économique régisse et prime sur le politique : nous réaffirmons avec force que seule la volonté politique, guidée par des idéaux qui la dépassent mais qui guident son action, est capable de changer la vie.
Car c’est bien à la politique que l’on renonce si l’on se résigne à la seule gestion, forcément à court terme, du destin d’un pays, c’est bien à l’humain que l’on renonce si l’on embrasse cette religion de la croissance, du toujours plus, cette religion du chiffre et de la statistique.
On le voit pendant cette campagne : les candidats sont interrogés sur des questions techniques, spécifiques et ne peuvent exposer leur Projet, c’est-à-dire leur vision de la France, du monde et de l’avenir, les valeurs et les principes qui motivent leur action, qui leur donnent cette foi sans laquelle aucune politique volontariste et durable ne peut se faire !
Or c’est de l’humain que nous avons besoin :
- Remettre l’humain au centre c’est s’interdire de raisonner sur des critères exclusivement économiques, c’est choisir un développement et un monde durables à la confluence de l’économique, du social et de l’environnement.On ne peut plus accepter une société où chacun est réduit à être le meilleur producteur et le plus gros consommateur possible !!!
- Remettre l’humain au centre c’est donc reconnaître et permettre l’épanouissement des différents aspects de la vie de chaque individu : vie familiale, affective, culturelle, professionnelle, associative, politique…
- Remettre l’humain au centre c’est se sentir citoyen du monde, membre de la communauté humaine avant tout.
- Remettre l’humain au centre c’est donc avant tout remettre le Respect au centre : respect de l’environnement, respect de toute forme de vie et des choix de vie de tous !
Il faut réinventer un idéal commun, nous avons à l’aube de ce siècle de grands combats à mener, de grands projets à imaginer. Seul un humanisme retrouvé nous permettra de rassembler les forces, de garder l’espoir et de relever les défis qui sont face à nous !
Un nouvel humanisme, remettre l’humain au centre
- Refuser la dictature de l’économisme :
1) Remettre en cause le mythe de la croissance : ne pas se contenter du PIB mais créer et utiliser des indices du bonheur, du bien-être (IDH, critères sociaux, environnementaux…)
2) Penser autrement le développement : il ne se résume pas à la simple accumulation de richesses et au productivisme. Allons vers un développement soutenable fondé sur une économie plurielle qui reconnaît l’économie sociale et solidaire, sur la justice sociale et la protection de l’environnement
3) Favoriser et reconnaître les différents temps de vie et les différentes activités (le travail productif n’en est qu’une parmi d’autres) de la vie quotidienne qui contribuent à l’épanouissement de l’individu..
- Faire confiance à l’homme, « réensenser »le monde :
1) Réhabiliter le caractère « sacré » de la vie menacée par la marchandisation, affirmer la nécessité de l’éthique et redonner sa place à la réflexion philosophique.
2) Ne pas tomber dans l’écueil de l’anthropocentrisme et respecter toutes les formes de vie.
3) Trouver le sens de la vie c’est lui donner de la valeur. « L’homme n’est jamais que ce qu’il se fait » dit Sartre. Le sens est en nous, dans ce que nous faisons, dans nos engagements et nos idéaux. Le sens est de l’humanité. Une conscience mondiale, universelle doit émerger : je suis, nous sommes avant tout des citoyens du monde !
- Un humanisme de combat :
1) Valoriser et encourager l’engagement (associations, bénévoles, syndicats, mouvements de citoyens…).
2) Le combat non-violent a prouvé son efficacité comme l’ont montré Martin Luther King, Rosa Parks ou bien encore Gandhi pour qui « il n’y a pas de chemin vers la paix, la paix est le chemin ». Enseigner la non-violence dès la maternelle sans angélisme mais en étant conscient que la violence engendre la violence.
3) Faire émerger une gouvernance mondiale dans laquelle la société civile, les ONG ont toute leur part. Pour une autre mondialisation : faire aboutir le combat des altermondialistes (solidarité Nord/Sud par l’annulation de la dette, le commerce équitable ; développement durable ; paix ; multipolarité pour une « démocratie mondiale »).
L’utopie est la seule réponse réaliste et crédible aux défis du XXI° siècle.