Trois élections présidentielles consécutives que la gauche perd… Réjouissons-nous d’abord de cette poussée démocratique qui espérons-le, se prolongera lors de prochains scrutins. Mais ne nous y trompons pas, ce soir c’est à la défaite de l’humanisme et du progrès que nous assistons !
Je pense que ce résultat est avant tout le résultat du brouillage politique qui a été mené tout au long de la campagne, une campagne où l’on a mis en avant des questions techniciennes et sectorielles au risque d’occulter la réalité des projets, des idées et des idéaux qui font la cohérence d’une politique et qui donnent une vision globale de la société, du monde, de l’avenir…
« Travail, autorité, morale » sont les trois premières valeurs que Nicolas Sarkozy a citées lors de son premier discours de Président. Le cap est fixé !
Il est venu maintenant le temps pour tous les citoyens attachés aux valeurs de progrès et aux valeurs humanistes de se rassembler pour dire que :
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nous refusons d’être réduits à une armée de producteurs et de consommateurs à qui on demande toujours plus
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nous refusons la loi du chacun pour soi où la seule règle est celle de la concurrence et qui cause déjà tant de dégâts humains
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nous refusons la stigmatisation des jeunes, des habitants des banlieues, des chômeurs, des homosexuels, des sans papiers….
Il est venu maintenant le temps où la gauche, comme l’a dit Ségolène Royal, doit réaliser son évolution, trouver des lignes de convergence nouvelles et se réunir sur des enjeux fondamentaux :
- le progrès social et la solidarité conciliés avec l’efficacité économique
- la révolution écologique, alternative humaniste essentielle qui doit orienter toutes les politiques
- la rénovation démocratique avec une VI° République plus représentative et plus participative
- la promotion d’une Europe et d’un monde plus justes, plus solidaires, plus écologiques et moins violents
Le « troisième tour » que constituent les législatives est l’occasion pour tous les citoyens progressistes et humanistes de se faire entendre et de rééquilibrer le rapport de forces ! Le mouvement qui s’est levé et qui a porté les candidatures de Ségolène Royal, celles de la gauche de gouvernement (Dominique Voynet, Marie Georges Buffet) est toujours debout et restera debout ! Les idéaux qui nous guident et qui nous guideront sont toujours bien vivaces.
Comme tous ceux qui ont voté Ségolène Royal aujourd’hui, j’appelle à une gauche moderne, ouverte, une gauche qui assume ses valeurs de progrès et d’humanisme, une gauche qui saura relever le triple défi de l’urgence écologique, de l’urgence sociale et de l’urgence démocratique. C’est tout l’enjeu des mois et des années à venir…
Commentaire
D'une, je trouve ça limite.
De deux, je suis allée voir le blabla de Sarkozy sur le pacte écologique, et j'en noterai ici deux aspects glaçants.
Sur l'énergie, Sarkozy n'évoque absolument pas le nucléaire, parce qu'on sait qu'il y est favorable mais que ça fait mauvais effet dans un speech écolo. Comme Hulot peut-il se féliciter de l'élection d'un candidat pro-nucléaire ?
Sur les transports, alors que le pacte promeut l'arrêt du "tout routier", la seule proposition de Sarkozy est "construire des véhicules propres". Et pas favoriser le ferroutage. Je doute que pour lui les vélos (propres) soient considérés comme des véhicules.
Derrière Sarkozy se trouvent les grands lobbies industriels et productivistes. Le mail envoyé par le Pacte écologique nous rappelle que derrière Nicolas Hulot il y en a aussi quelques-uns…
Maintenant on attend Sarkozy au tournant: il a signé le Pacte de Nicolas Hulot et a donc promis un vice-premier ministre du développement durable... A voir...
Il est vrai que le score supposé des Verts aux législatives est désastreux! C'est pourquoi je crois que la refondation de la gauche sur la triple urgence que j'ai mentionnée dans mon article est vital. Il faut tout faire pour y arriver et clarifier la situation
Sarkozy brouille les cartes : favorable à l'EPR (dont il ne sait pas très bien ce dont il s'agit, d'ailleurs), il annonce qu'il faut mener le combat pour la planète. Tout et son contraire, comme le reste de son discours.