Quelle chance pour les Français! Ils ont voté pour un candidat écolo sans même le savoir. M. Sarkozy, héraut de la Révolution Ecologique? En plus, l'UMP rend même un hommage émouvant à Dominique Voynet en intitulant le chapitre "Ecologie" de son projet législatif "Une révolution écologique"!!!! Conversion soudaine ou camouflage politiquement correct?
Avant la campagne électorale:
Nicolas Sarkozy est le numéro 2 d'un gouvernement sous lequel la France apparaît comme l'un des plus mauvais élèves de l'Europe en matière d'envrionnement (les amendes et les mises en garde se succèdent).
Le même gouvernement promeut une loi qui fait peser sur les contribuables le coût de l'assainissement des eaux polluées par l'agriculuture intensive. C'est toujours le même gouvernement qui autorise la construction de l'EPR alors qu'une majorité de Français s'y oppose (sondages à l'appui). M. Sarkozy ne profite ni de sa notoriété ni de sa position au sein du gouvernement ni même de son statut de président de l'UMP pour s'élever contre ces mesures anti-écologiques.
Pendant la campagne:
La protection de l'environnement est le grand absent du projet et des discours du candidat Sarkozy.
Lorsque des écologistes se font passer pour des journalistes américains qui s'inquiètent de la signature du Pacte Ecologique de Nicolas Hulot, le porte-parole du candidat de l'UMP répond qu'il ne s'agit là que d'un coup médiatique et propose même la collaboration à un projet (inventé par les écologistes plaisantins) qui consisterait à produire de la glace en Chine et à l'envoyer par avion au pôle nord (aberration écologique s'il en est).
Lors du débat qui l'oppose à Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy fait la preuve de son incompétence en matière environnementale (il ne sait ni ce que représente le nucléaire dans la production et la consommation d'énergie en France, il ne sait pas à quelle génération de réacteurs apaprtient EPR).
Nicolas Sarkozy défend le nucléaire alors qu'il sait (ou peut-être pas d'ailleurs) que le développement du nucléaire empêche celui des énergies renouvelables (on ne peut pas tout payer), qu'il crée beaucoup moins d'emplois et qu'il nous fait courir des riques inconsidérés (risque sanitaire, risque naturel, terroriste, risque de défaillances et d'incidents techniques qui se produisent déjà régulièrement).
Enfin, pendant la campagne, M. Sarkozy a refusé tout débat avec les écologistes et notamment Noël Mamère qui le lui avait demandé...
Après la campagne:
Notre président très soucieux de l'effet de serre s'empresse, une fois élu, de filer à Malte... en jet privé (cherchez l'erreur).
Il prouve lors de son séjour Maltais qu'il entretient de bonnes relations avec de grands lobbies destructeurs de la planète auxquels s'opposent les écologistes.
Sur le Super-Ministère confié à Alain Juppé: Gérard Onesta annonce qu'il "faut assurer une garantie de moyens" et déplore que notre Super Ministre de l'environnement ne veuille "remettre en cause ni le poids de la bagnole, ni les OGM, ni l'agriculture polluante!". En effet, les mesures qui commencent à être annocées ressemblent bien plus à du saupoudrage et à de l'écologie paillette quà une réflexion en profondeur sur notre modèle de développement et sur une réelle volonté de faire primer la logique environnementale et humaine sur la logique financière et boursière...
Un programme incompatible avec une politique écologiste:
Un programme noté 8,5/20 par les associations de l'Alliance pour la Planète.
Un programme qui assume la fuite en avant productiviste ("Travailler plus etc...")
Une première réunion avec des associations environnementalistes qui se veut symbolique mais qui mécontente beaucoup d'écologistes: un communiqué du Réseau Sortir du Nucléaire (qui n'était pas convié à l'Elysée) annonce que:
"Agir pour l’environnement, la Confédération Paysanne, Europe solidaire sans frontières (ESSF), l’Association de protection des espèces menacées (AVES) et le Groupe de Réflexion et d’Action Pour une Politique Ecologique ont rejoint le Réseau Sortir du nucléaire dans cette demande au gouvernement d’annuler le décret de l’EPR comme préalable indispensable à tout Grenelle de l’environnement. "