Texte libre

« L’ambition de notre société n’est pas le développement économique ou l’accumulation de biens, mais le développement de l’ensemble de la société. Un développement collectif et durable, qui s’accompagne d’une amélioration des conditions de vie et de la mise à disposition pour tous des ressources matérielles et immatérielles nécessaires pour permettre à chacun de vivre pleinement son humanité et sa citoyenneté active. La répartition des biens, des revenus, l’accroissement du niveau d’éducation et de santé de l’ensemble de la population, la capacité à maîtriser la violence, l’accès et la qualité des services publics, la vitalité de la vie sociale et démocratique, le degré d’égalité entre hommes et femmes, le respect de l’environnement, la maîtrise par les individus de leur temps, la qualité de vie, l’accès à la Culture, la sécurité économique... sont autant d’indicateurs qui permettent de mesurer la véritable richesse d’un pays ». (Dominique Méda)

Samedi 26 Mai 2007

« Les Verts », parti de l’écologie politique alternative, est la seule formation politique à porter le nom d’une couleur. Verts comme la nature, Verts comme l’espoir. « Nomen est omen » : l’éthique est déjà sur l’étiquette, l’esthétique aussi…

La nature, dixième muse ?

Dans toutes les civilisations, à toutes les époques, la nature fut et demeure une source d’inspiration artistique inépuisable. A la source du sentiment religieux (la Terre Mère est la première déesse de l’humanité, Gaïa est la mère du monde dans la mythologie grecque…), la nature symbolise la pureté, le refuge, l’innocence d’un Eden perdu. Pour Baudelaire « La nature est un temple » où le poète peut déchiffrer les correspondances et accéder à l’Idéal. On rejoint là l’esthétique Romantique qui jette des yeux mélancoliques sur les grands espaces et trouve asile dans le cadre naturel. En peinture également le thème est omniprésent…

On ne peut nier que cette dimension esthétique anime (plus ou moins selon les personnalités et les sensibilités) tous ceux qui ont pris fait et cause pour la protection de l’environnement.

Pistes vertes :

Relancer la politique des parcs régionaux et nationaux

Protéger la biodiversité

Abandonner les projets onéreux et inutiles de nouvelles autoroutes et de nouveaux aéroports

 

La culture, une seconde nature

Les écologistes, les Verts en particulier, ont toujours milité pour que la diversité des cultures soit considérée comme une richesse. Une culture qui disparaît est une atteinte au patrimoine de l’humanité ; une culture est une manière originale de voir le monde, une construction et une identité humaines collectives. En art, on retrouve bien sûr cette aspiration vers un ailleurs, un goût récurrent pour l’exotisme (l’Orientalisme du XIX° siècle par exemple en littérature, en peinture, en musique…). Le respect de l’environnement va de pair avec le respect des hommes et de leurs cultures. La curiosité, l’intérêt pour les cultures des quatre coins du globe sont étroitement liés à une éthique mondialiste qui considère chaque individu comme un citoyen du monde.

Pistes vertes :

Reconnaître et respecter les langues régionales

Etats généraux de la création et de l’emploi culturel

Soutenir et développer le commerce équitable

Engager une politique volontaire d’aide au développement (annulation de la dette, APD à 0,7% du PIB…)

Education à la culture et au respect de la différence

 

Vivre la Ville

On ne peut vivre vraiment la ville que dans un cadre respecté, qui ressemble à ses habitants. Ces derniers doivent se réapproprier leur ville, c’est-à-dire une part de leur identité. Dès les années 1960, les écologistes furent parmi ceux qui dénoncèrent les excès du fonctionnalisme (déshumanisation et uniformisation des lieux de vie, culte du modernisme) en militant pour la protection des patrimoines historiques des villes, courant que l’on a appelé « culturalisme ». Aujourd’hui, les écologistes prônent un urbanisme à taille humaine, respectueux de l’environnement et des citadins et demandent la reconquête de l’entrée des villes envahies et rendues uniformes par les centres commerciaux, les zones industrielles et les panneaux publicitaires…

 

Pistes vertes :

Mener une politique volontariste de développement des transports en commun pour assurer une égalité d’accès de tous à la ville, un environnement plus sain, des relations sociales conviviales…

Les enjeux de la piétonisation des centres sont similaires (santé, environnement protégé, sécurité, convivialité, cadre de vie amélioré)

Habiter la campagne

Les Verts ont toujours, dans leur programme concernant l’agriculture, mis en valeur le rôle du paysan dans l’entretien des paysages de la campagne. Nous savons bien que négliger les difficultés du rural dit « profond » et l’abandonner à la désertification qui menace certaines régions revient à multiplier les friches : nous ne voulons pas d’un territoire en friche, c’est-à-dire d’un territoire anonyme et sans couleurs ! Les géographes ne cessent de nous montrer que l’espace est avant tout vécu, perçu et senti, cette relation sensible, affective entre l’habitant et l’habitat ne doit pas être occultée, diluée, formatée…

Pistes vertes :

Promouvoir le tourisme vert

15% de la surface agricole en bio d’ici à 2012 (créateur d’emplois, garant de qualité)

Tout faire pour maintenir l’équité territoriale (services publics, transports, nouvelles technologies, offre culturelle…)

 

En chaque écologiste est un peu rêveur, esthète. En chacun de nous sommeille un rêveur, un esthète : alors réveillons-nous !

publié par Cyril dans: Ecologie politique
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