Le tsunami bleu annoncé n'a finalement pas eu lieu, mais une vague de grande ampleur a déferlé sur le pays et sur la gauche (je reviendrai sur les conclusions que l'on peut tirer de ces élections législatives lorsqu'elles seront finies, c'est-à-dire le 18 juin). Pour le moment, la plage est en alerte; les baigneurs qui ont préféré parfaire la couleur de leur teint plutôt que choisir celle du Parlement ne s'en inquiètent pas encore (j'en profite pour annoncer un article sur "Corps et société" dans les semaines à venir).
Les premiers effets de la vague se font tout de même sentir. En effet, de nombreux Pinocchio, encore prisonniers de la baleine qui les avait avalés, en ont profité pour s'échapper et ont nagé jusqu'à la plage... Voici ce que disait déjà d'eux Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, dans "Libération" du 6 juin 2007:
Nulle déclaration gouvernementale remettant en cause la priorité à la route, la politique en faveur des transports en commun se limite à attaquer le droit de grève. Onprétend défendre la biodiversité, mais on remet à après les vacances un moratoire sur les OGM. Tant pis encore pour la nature et la protection de la santé des citoyens. Alain Juppé disait vouloir «un plan d’actions ambitieux» qui fixerait «des engagements concrets qui constitueront un véritable contrat quinquennal».
On se reverra en octobre, une fois les législatives passées, bien sûr… Il y avait pourtant un moyen d’aller vite sur l’essentiel, de répondre à l’urgence écologique, c’était de ne pas exclure les Verts des rencontres, de reconnaître enfin que l’écologie est un autre projet de société.
Craignons hélas qu’au-delà des promesses de campagne il ne faille pas longtemps avant de déclamer la tirade de Cyrano en voyant les pifs et tarins de nos Pinocchio de président et ministres au journal de 20heures: «C’est un pic, c’est un cap, que dis-je, c’est une péninsule.» En sus des césars du cinéma et des victoires de la musique, les Verts demandent une soirée pour décerner les pinocchios d’or de l’environnement.•"
