Texte libre

« L’ambition de notre société n’est pas le développement économique ou l’accumulation de biens, mais le développement de l’ensemble de la société. Un développement collectif et durable, qui s’accompagne d’une amélioration des conditions de vie et de la mise à disposition pour tous des ressources matérielles et immatérielles nécessaires pour permettre à chacun de vivre pleinement son humanité et sa citoyenneté active. La répartition des biens, des revenus, l’accroissement du niveau d’éducation et de santé de l’ensemble de la population, la capacité à maîtriser la violence, l’accès et la qualité des services publics, la vitalité de la vie sociale et démocratique, le degré d’égalité entre hommes et femmes, le respect de l’environnement, la maîtrise par les individus de leur temps, la qualité de vie, l’accès à la Culture, la sécurité économique... sont autant d’indicateurs qui permettent de mesurer la véritable richesse d’un pays ». (Dominique Méda)

Mercredi 20 Juin 2007

Depuis l'antiquité on compare souvent la société à un corps, c'est-à-dire une organisation, un organisme dont les membres sont interdépendants. Pourquoi ne pas essayer d'analyser nos sociétés contemporaines au regard de cette métaphore?

Je ne fais que proposer quelques pistes de réflexion, en espérant que vous serez nombreux à les approfondir, les discuter...

1) une première piste sur le culte du corps et même la dictature du corps qui détruit de plus en plus de nos concitoyens. Dictature du bronzage, du muscle et surtout de la minceur responsable de nouveaux malaises psychiques et sociaux... Ceci ne révèle-t-il pas la volonté d'uniformisation de la société et des individus qui doivent tous entrer dans le même moule??

2)parlons alors anorexie et boulimie. Je voudrais les mettre en parallèle avec notre mode de développement fondé sur la croissance infinie, la loi du toujours plus. Alors que l'obésité est le reflet de cette société de sur-consommation, l'anorexie et la boulimie semblent étrangement en être des images inversées: l'anorexie comme refus de grossir dans une sorte de décroissance infinie, la boulimie dans la culpabilité qui suit les fringales et la volonté de rejeter ce qui a été avalé si vite...

3)culte du corps rime de plus en plus avec culte du sport et culte de la performance au détriment de la santé des sportifs. Il est politiquement incorrect aujourd'hui de refuser une activité sportive, conçue comme indispensable à une bonne hygiène de vie, à l'évasion, voire au loisir. C'est oublier toutes les ouvertures culturelles qui peuvent jouer ce rôle!

=> L'injonction, dans nos sociétés, est celle du mouvement constant et perpétuel, mais un mouvement visible et physique. Tout repos, toute méditation sont conçus comme accessoires car improductifs (on fait de la relaxation après son travail, c'est-à-dire hors des temps de vie imposés par la société de consommation). Notre société n'est pas plus belle, mais elle souffre d'une réelle anémie culturelle et intellectuelle.

4)peut-on y voir un conflit des corps?en effet, les corps individuels semblent se détacher, se couper du corps social commun... L'enjeu est le suivant: garantir l'autonomie des membres sans faire mourir l'organisme...

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