A quelques jours du grand rendez-vous de Tours qui doit avoir lieu samedi 30 juin à l'initiative du "Manifeste pour la Refondation de l'Ecologie politique", j'ai eu envie, en tant qu'écologiste, d'apporter ma petite contribution au débat qui, et l'on peut s'en réjouir, fait "rage" dans les sphères écolos.
Force est de constater que deux grandes voies de refondation ont été jusqu'ici envisagées:
* la voie de l'auto-refondation au sein des Verts par les Verts eux-mêmes. Ce qui risque d'être difficile voire impossible. Je crois que les difficultés que rencontre aujourd'hui l'écologie politique sont trop profondes pour se contenter d'une rénovation du parti, de ses structures et de son fonctionnement. A cela, il ne faut pas oublier que les tenants des divers courants pèseront de toute leur force d'inertie pour ne rien bousculer; ces courants qui ont auront le dernier mot, et la peau des Verts... Bref, je crois que cette refondation/rénovation par le haut n'accouchera que d'une révolution de palais, et au final, du statu quo.
* la voie de Tours qui mise, ce qui apparaît de plus en plus clairement, sur une refondation environnementaliste. En effet, à vouloir rassembler les écolos de gauche, de droite et du centre pour renouer avec les 10% supposés de N. Hulot, on finit par réaliser l'unité sur le strict minimum, c'est-à-dire la protection de l'environnement (quid des 35heures, de la politique d'immigration, du mariage homosexuel...). Si Tours s'avère effectivement être une refondation environnementaliste, alors l'écologie politique prendra un coup sévère. A l'heure où les grands partis politiques ont intégré l'environnement dans leurs programmes mais n'ont pas compris que l'écologie nécessitait une réflexion globale sur le modèle de développement, la société contemporaine, l'environnementaliste est un écueil pour les écologistes. A Tours, le bateau de l'écologie politique, ivre de son succès, risque de se lancer allègrement sur ces écueils qui sont les plus menaçants alors que la survie de l'écologie politique passe avant tout par son affirmation comme projet de société global qui concerne tous les domaines de la Cité.
Je déplore qu'une troisième voie, audacieuse, ambitieuse et durable, ne soit pas plus discutée: celle d'une écologie politique qui s'affirme, s'assume et participe à la construction d'une alternative humaniste et progressiste avec ceux qui partagent le constat d'une nécessaire remise en cause du dogme productiviste, de la croissance infinie, du travail comme valeur centrale. Osons une écologie poltiique ouverte qui ne se barricade pas dans son parti mais constitue l'un des piliers d'une gauche alternative, écologiste, altermondialiste, combattant pour l'émancipation des individus au sein d'une société tolérante, respectueuse et solidaire!
Non l'écologie politique n'est pas réductible à la protection de l'environnement! Oui, une écologie politique ambitieuse et courageuse implique des choix de société alternatifs (temps de travail, urbanisme, consommation, politique européenne et étrangère, agriculture, éducation, santé).
Il existe un espace pour un pôle entre le PS et le trotskisme, ce pôle c'est celui de la gauche alternative, écologiste et altermondialiste, qui reste à construire! Un pôle qui ne confond pas radicalité de la pensée et réalité des alliances politiques, compromis et compromission... Ce pôle doit se rassembler sur la critique d'un mode de développement destructeur de l'environnement et de l'homme et s'ériger sur des valeurs communes, clairement affirmées et partagées:
* écologie: remise en cause de la croissance infini, du productivisme. Repenser le travail, la richesse, le développement. Penser la décroissance de l'empreinte écologique et un développement plus harmonieux, plus viable et vivable. Non au "toujours plus", Oui au "encore mieux"
* transformation sociale: alternative au libéralisme (la seule posture anti-libérale n'est pas suffisante), penser une économie plurielle et de nouvelles solidarités non marchandes (développement du secteur de l'économie sociale et solidaire, secteur associatif...).
* un pôle altermondialiste, qui mondialise l'écologie et la solidarité. Solidarité nord/sud, promotion de la paix, de la non-violence, du désarmement et réelle politique de co-développement! "Il n'y a pas de chemin vers la paix, la paix est le chemin" Gandhi. Un pôle qui agit local et pense global (et vice-versa). Un projet qui s'inscrit dans une optique mondialiste.
* lutte contre toutes les formes de discriminations, politique de "l'égalité réelle" pour les femmes, les homosexuels, les immigrés (et leurs enfants Français), les handicapés! Politique alternative de l'immigration. Considérer la différence comme une richesse dès l'école! L'autonomie des individus, la liberté de choisir sa vie doit être une priorité. (Ce qui conduit à penser un nouvel équilibre entre l'individu et la collectivité).
* une VI° République: une démocratie plus participative qui n'exclut personne et qui implique l'ensemble de la société, un Parlement renforcé, une démocratie assainie (proportionnelle, non cumul des mandats...)
Commentaire
Pas de commentaire :(
Ajouter un commentaire