Texte libre

« L’ambition de notre société n’est pas le développement économique ou l’accumulation de biens, mais le développement de l’ensemble de la société. Un développement collectif et durable, qui s’accompagne d’une amélioration des conditions de vie et de la mise à disposition pour tous des ressources matérielles et immatérielles nécessaires pour permettre à chacun de vivre pleinement son humanité et sa citoyenneté active. La répartition des biens, des revenus, l’accroissement du niveau d’éducation et de santé de l’ensemble de la population, la capacité à maîtriser la violence, l’accès et la qualité des services publics, la vitalité de la vie sociale et démocratique, le degré d’égalité entre hommes et femmes, le respect de l’environnement, la maîtrise par les individus de leur temps, la qualité de vie, l’accès à la Culture, la sécurité économique... sont autant d’indicateurs qui permettent de mesurer la véritable richesse d’un pays ». (Dominique Méda)

Mardi 03 Juillet 2007

Le mouvement Utopia (http://utopiaterre.free.fr/) rassemble des militants du PS, des Verts ainsi que des citoyens engagés dans le monde associatif ; un mouvement transversal, ouvert sur la société civile, dont la démarche devrait inspirer tous ceux qui aspirent aujourd’hui à la construction d’un pôle alternatif, progressiste et humaniste à gauche…

Ce texte, rédigé par Utopia, présente à mon avis la nécessaire remise en cause d’un modèle de développement destructeur de l’environnement et de l’homme sur laquelle doit s’édifier un vaste mouvement populaire qui rassemblerait les écologistes, les altermondialistes, les féministes, et tous les citoyens porteurs des combats émancipateurs et de l’idéal humaniste que nous voulons faire revivre.

« Ce socle est la « base théorique » partagée par tous les utopiens.

L’ambition d’UTOPIA est double :

Réfléchir et dessiner un projet de société fort et mobilisateur, se pencher sur la question du sens, de l’idéal.

Porter ensuite cet idéal dans les partis et associations de Gauche afin de peser de façon la plus efficace possible sur les différentes lignes idéologiques

Pour UTOPIA, mettre en avant un idéal, c’est d’abord définir clairement les critères d’une bonne société
Pour nous, ces indicateurs sont forcément pluriels :
C’est la répartition des biens et des revenus, l’accroissement du niveau d’éducation et de santé de l’ensemble de la population, l’accès et la qualité des services publics, la vitalité de la vie sociale et démocratique, le respect de l’environnement, la sécurité économique …

Or, nous estimons qu’il existe trois obstacles principaux dans notre société actuelle pour parvenir à cet idéal.
Nous appelons ces obstacles « aliénations ».

1/ L’aliénation au dogme de la croissance
2/ L’aliénation à la société de consommation
3/ L’aliénation à la centralité de la valeur « travail »

Nous considérons que ces trois aliénations constituent le moteur même d’un capitalisme inhumain et destructeur.
Nous devons sans ambiguïté rompre clairement avec sa logique et construire une société plus respectueuse des hommes et de leur avenir.

1/ L’aliénation au dogme de la croissance
A Gauche, la quasi-totalité des « élites politiques » –ou presque- prônent une relance forte de la croissance.
C’est devenu la seule boussole de nos dirigeants !

On raisonne comme si notre société n’était qu’une entreprise qui aurait simplement chaque année à reproduire un plus gros chiffre d’affaires.

Si l’on prend l’exemple de la catastrophe aux Etats-Unis, Katerina : des économistes viennent de nous dire que cela allait relancer la croissance ! Et force est de constater que c’est vrai :
le PIB additionne tout et n’importe quoi.

Chacun sait que l’on pourrait se retrouver un jour avec un énorme PIB, et un nombre extrêmement élevé d’exclus, des conditions de travail dégradées, un patrimoine naturel dévasté L’évolution du PIB n’a donc pas forcément à voir avec les indicateurs énoncés plus haut pour définir la vraie richesse d’une société.
Se positionner donc par principe pour la croissance –ou à l’inverse pour une décroissance- n’a pour Utopia, évidemment, pas de sens.
Les questions sont bien : Croissance de quoi, décroissance de quoi, en fonction de quels objectifs et surtout au service de quel idéal !

2/ L’aliénation à la société de consommation

Nous dénonçons une société de consommation qui selon nous, agit par nature contre la construction du lien social, contre la construction d’une société éclairée.


La société d’aujourd’hui veut nous faire croire que tous nos désirs correspondent forcément à un besoin, c'est-à-dire à quelque chose qui peut s’acheter, qui peut immédiatement être comblé, être produit.

La société de consommation nous pousse donc à confondre « besoins et désir ».


Ce que nous dénonçons, c’est bien la consommation entendue comme une composante essentielle de la logique libérale qui nous enferme et nous entretient dans une logique implacable qui ne recherche qu’un maximum de profits…et donc toujours plus de consommation.
Nous dénonçons la logique où l’homme n’est plus qu’un producteur consommateur.

Au-delà même de ce positionnement « politique », le niveau de consommation actuel n’est pas viable écologiquement.

Il est scientifiquement démontré que si les habitants du monde entier avaient le niveau de vie des français, il faudrait 3 planètes pour combler les besoins de chacun ( si l’on se base sur le niveau de vie des américains !).
L’augmentation des températures due à l’activité humaine, le dérèglement de l’écosystème, l’appauvrissement inéluctable des ressources naturelles, sont directement liés à nos modes de vie.
L’humanité n’a donc plus le choix : Elle doit changer radicalement son rapport à la consommation.

3/ L’aliénation à la centralité de la valeur travail

D’emblée, et pour éviter les faux procès, nous nous positionnons sans ambiguïté pour une société du plein et du bon emploi.
Nous devons permettre que chacun puisse avoir accès à un travail et nous militons pour la mise en place de nouveaux droits pour les salariés.

Mais nous pensons que la Gauche doit toute de même « questionner » la centralité de la valeur « travail ».

Aujourd’hui, c’est la seule valeur par laquelle on est « reconnu » et « protégé ».

Le système capitaliste « classe » les gens en fonction de leur utilité économique, c'est-à-dire en fonction de leur « valeur » sur le marché.
Nous dénonçons cette mise en concurrence de différente forme de contribution à la vie collective, de différentes formes « d’être au monde ».

Nous dénonçons également le lien direct qui existe actuellement entre l’exercice d’une activité professionnelle et le système de protection sociale.
L’accès aux soins par exemple à travers le système de mutuelles, est directement lié au travail de chacun .
Rappelons que malgré la CMU et CMU complémentaire, 6 millions de personnes n’en ont toujours pas et 30% de celles qui existent remboursent très mal les soins d’optiques ou dentaires.

Que nous soyons travailleur ou pas, nous pensons à UTOPIA que nous devons être soignés et remboursés de la même façon.
C’est pour cela que nous ne proposons par exemple une disparition des mutuelles et la mise en place d’une couverture médicale unique et uniforme qui rembourse l’ensemble des soins pour les travailleurs et les non travailleurs.

Nous pensons que l’accès aux soins, comme tous les droits fondamentaux, doit être un droit universel non conditionné au statut de la personne.
De façon générale, nous estimons que le travail est un lien social inégalitaire par nature pour deux raisons :
La première car il est considéré dans l’entreprise, comme une ressource comme une autre au service d’une seule logique : la recherche de profit.
La seconde car il est basé sur une relation inégalitaire : le lien de subordination qui existe entre le travailleur et son employeur.

La position d’UTOPIA est simple :

« Oui » à une société du plein et du bon emploi.


Mais « oui » à une société où la valeur « travail » est à sa juste place.
Cette valeur ne doit pas être le passeport unique et obligé pour avoir accès aux droits fondamentaux.


Nous proposons à Utopia un regard différent en remettant en cause la croissance, la société de consommation, et la centralité de la valeur travail.
La remise en cause des ces trois aliénations est la marque de fabrique d’Utopia, elle fonde le socle de l’adhésion à notre mouvement.

Nous défendons le caractère diversifié des activités humaines (amicales, familiales, amoureuses, culturelles, politiques, de production…) leur différence, l’absolue nécessité de chacune, le fait que toutes soient une source d’enrichissement individuel et social.

La perspective d’une société fraternelle, la place fondamentale du citoyen, l’approfondissement du lien social … sont au cœur de notre projet de société.
Notre objectif est bien de faire progresser à notre modeste place, un peu de notre idéal collectif.
Ce qui est en jeu, c’est bien l’essence même de notre humanité. »

publié par Cyril dans: Politique
Fais tourner ce blog

Commentaire

salut alors quoi de neuf du côté de chez toi ?
Commentaire n° 1 posté par: metallah(site web) le 21/09/2007 - 17:17:31
Ajouter un commentaire
Créer un blog sur i-clic.net - Contact - C.G.U. - Reporter un abus