La droite, en la personne de M.Fillon, s'en félicite: elle a gagné le débat idéologique contre la gauche en parvenant à imposer ses diagnostics et ses solutions. Aujourd'hui, certains voudraient même nous faire croire que le débat/combat n'a plus lieu d'être, l'idé(ologie) n'ayant plus droit de cité, relevant d'un archaïsme effrayant et sclérosant.
Pourtant, si la gauche veut reconquérir le suffrage des citoyens et se redonner une crédibilité, elle doit redevenir idéologiquement offensive, elle se doit de mener le combat d'idées qu'elle vient de perdre et qui risque de lui échapper définitivement.
Pour cela, la gauche doit se saisir d'elle-même, ne pas céder aux sirènes de ceux qui veulent la complexer, affirmer et revendiquer ses valeurs, sa vision de la société et du monde. Ce combat, c'est celui que peut et doit mener la gauche alternative, gauche alternative que « Politis » appelle de ses voeux (http://www.politis.fr/L-alternative-a-gauche-organisons,3708.html), gauche alternative dont nous rappelons ici le socle pentagonal:
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écologie politique
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transformation sociale
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démocratie et VI° République
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liberté de chosir sa vie
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altermondialisme
Chacun de ces points est une arme que nous devons savoir manipuler pour déjouer la stratégie de nos adversaires politiques. Il s'agit de faire enfin entrer notre pensée (ses paradigmes, sa cohérence) dans le débat politique qui se déroule dans les journaux, à la télé, dans les élections (locales, nationales, européennes...). L'enjeu n'est pas dans la bataille mesure contre mesure, mais dans l'affrontement des projets et des visions: la conquête politique ne se fera pas de manière pérenne sans une victoire philosophique.
Ecologie politique: nous ne repenserons pas notre mode de développement sans remettre en cause le dogme de la croissance infinie (et par là même celui du productivisme), nous ne sortirons jamais de la crise énergétique si nous continuons à négliger le plus grand gisement d'énergies, celui des économies. On le voit, c'est l'idéologie du toujours plus qu'il nous faut combattre. On ne fera jamais d'écologie politique si l'on refuse de (se) poser ces questions primordiales.
Transformation sociale: quel progrès social et sociétal attendre d'une gauche qui ne repense pas l'activité (dont le travail salarié n'est qu'une modalité parmi d'autres)? Refuser le chantage des libéraux qui imposent leur réalité économique, rompre avec la logique du plein emploi pour aller vers une société de la pleine activité, repenser la richesse et l'échange, rompre avec la logique des heures supplémentaires pour poursuivre la réduction du temps de travail (indissociable d'une politique écologiste et émancipatrice): tels sont les défis de la gauche alternative.
Démocratie et VI° République: la gauche alternative doit s'attacher à renverser l'idéologie présidentialiste, s'attaquer au culte du chef pour remettre l'action et la délibération collectives au coeur de la Cité. Homme politique ne doit plus être un métier, une rente, un privilège: redonner souffle à la démocratie, c'est revenir à ses origines, c'est rendre possible et effective la participation de tous à la chose publique, c'est permettre à tous les courants de la société (même ceux qui sont actuellement jugés marginaux ou minoritaires) d'être équitablement représentés, sans céder au repoussoir fantasmé de la IV° République. La démocratie véritable et volontaire n'a pas à craindre le débat.
Emancipation, la liberté de choisir sa vie: l'offensive réactionnaire est lancée, l'esprit de mai 68 et de la révolte libertaire est chaque jour un peu plus dépecé. Là encore, nous devons dire non à la pensée dominante, nous devons permettre à chacun de s'épanouir, de créer, d'inventer, sans se soumettre à un ordre moral qui oppresse les individus, broie les personnalités et les destins. L'esprit de la révolte contre l'injustice (sociale, sociétale) doit plus que jamais nous animer sans faillir. Nous croyions que les mouvements de libération initiés il y a quelques décennies étaient encore des graines qui, arrosées par le cycle des années, finiraient par porter leurs fruits. Pourtant, le progrès sociétal n'est pas linéaire, il est chaque jour à conquérir: il est aujourd'hui, non pas à sauvegarder, mais à reconquérir.
Altermondialisme: à l'heure des tentations de replis (nationaux, régionaux, religieux...), il est plus que temps de ramener la notion de « citoyen du monde » sur le devant de la scène politique. La pensée mondialiste n'a jamais autant été en phase avec son époque. Les combats écologiste, social, démocratique et pacifiste n'ont pas lieu d'être sans dimension internationale. L'émergence de la société civile mondiale démontre la capacité de la gauche alternative à s'organiser pour faire entendre une autre voix à l'échelle mondiale. Cette voix, c'est celle du cri de guerre que nous nous devons de pousser dès aujourd'hui. Un cri contre ce qui est insupportable, un cri de lutte, un cri de victoire et de libération.
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