Texte libre

« L’ambition de notre société n’est pas le développement économique ou l’accumulation de biens, mais le développement de l’ensemble de la société. Un développement collectif et durable, qui s’accompagne d’une amélioration des conditions de vie et de la mise à disposition pour tous des ressources matérielles et immatérielles nécessaires pour permettre à chacun de vivre pleinement son humanité et sa citoyenneté active. La répartition des biens, des revenus, l’accroissement du niveau d’éducation et de santé de l’ensemble de la population, la capacité à maîtriser la violence, l’accès et la qualité des services publics, la vitalité de la vie sociale et démocratique, le degré d’égalité entre hommes et femmes, le respect de l’environnement, la maîtrise par les individus de leur temps, la qualité de vie, l’accès à la Culture, la sécurité économique... sont autant d’indicateurs qui permettent de mesurer la véritable richesse d’un pays ». (Dominique Méda)

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Lundi 07 Juillet 2008

Il y a un an, nous consacrions un article aux idées du mouvement Utopia (http://ideo.i-clic.net/article-161666.html), idées que nous considérions comme les bases d'une utopie crédible et responsable, comme le socle idéologique d'une gauche moderne, décomplexée et offensive. Utopia représente à nos yeux l'espoir d'une gauche alternative qui se cherche, se construit (en ce sens, la participation active de tous les signataires du texte de Politis intitulé "L'alternative à gauche, organisons-là" est nécessaire pour transformer l'essai à la rentrée!).

Le courage d'Utopia, c'est d'agir au sein même des partis de gauche (PS, Verts) pour tenter d'infléchir leur ligne interne en y diffusant les idées de la gauche alternative. Alors que le prochain Congrès socialiste fait déjà couler beaucoup d'encre et naître de nombreuses contributions, celle d'Utopia apporte un peu de fraîcheur dans un parti à l'air vicié, empoisonné par les luttes de personne. Cette contribution, qui nous l'espérons, rassemblera autour d'elle de nombreux militants socialistes, dépasse les seuls enjeux du Congrès de Reims: elle montre le chemin à tous ceux qui, dès cet été, souhaitent oeuvrer de toutes leurs forces à l'émergence d'un mouvement de gauche alternative populaire, cohérent et offensif!

Pour lire la contribution d'Utopia: http://www.utopia-terre.fr/utopia-jeunes/utopia-jeunes

Lundi 19 Mai 2008

Jeudi 15 mai, "Politis" publie un appel visant à fédérer les forces de la gauche alternative. Nous-mêmes ici militons pour la constitution de ce pôle. Lire:  http://ideo.i-clic.net/article-160243.html

Nous reproduisons ici le texte-pétition que nous vous encourageons vivement à signer! http://www.appel-a-gauche.org/

L'alternative à gauche, organisons-là!

Nous célébrons l’anniversaire de Mai 68.

Le temps n’est toutefois ni aux commémorations, ni à la nostalgie.

La planète s’est profondément transformée. Le capitalisme se fait toujours plus prédateur. Les émeutes de la faim sont le corollaire de l’enrichissement indécent d’une minorité de privilégiés. Les crises financières s’enchaînent et une catastrophe écologique se dessine. Bousculée par un nouveau totalitarisme de marché, la démocratie s’étiole.

C’est à la refondation d’une politique d’émancipation qu’il importe de s’atteler.

En France, le sarkozysme se heurte déjà à la résistance du pays. Dans les entreprises du secteur privé, dans les services publics, à l’école, d’amples mobilisations se font jour.

À quarante ans de distance, deux questions se reposent à nous : quelles perspectives offrir à la colère sociale ? Comment la volonté de changer radicalement l’ordre des choses peut-elle redonner majoritairement le ton à gauche ?

À cet égard, chacun hélas peut le constater, il manque toujours une force incarnant un projet alternatif.

Du côté de la majorité dirigeante du Parti socialiste, les volontés hégémoniques se confirment, et avec elles les tendances au renoncement social-libéral, inspirées des exemples de MM. Blair ou Prodi. Mais la gauche de transformation sociale et écologiste ne doit pas, elle, s’accommoder d’un statu quo qui lui interdit d’espérer changer en profondeur la donne politique.

La menace du bipartisme devient plus forte, avec son choix mortifère ramené à deux variantes de l’adaptation au libéralisme. Tout cela peut nous conduire à des désastres comme celui que vient de connaître la gauche italienne, incapable d’empêcher le retour de Berlusconi aux affaires et littéralement disloquée.

Les municipales et les cantonales viennent pourtant de prouver qu’il existe ici un espace comparable à celui révélé par Die Linke en Allemagne ou d’autres expériences similaires en Europe. Faute de convergence entre des traditions et des cultures jusqu’ici séparées, faute de prendre en compte l’apport des mouvements sociaux et citoyens ayant émergé depuis plusieurs années, le champ des possibles demeurera inévitablement limité : aucune force constituée ne peut rassembler autour d’elle seule.

Les échecs passés nous instruisent des difficultés de l’entreprise. Nous n’en restons pas moins convaincus que c’est le seul horizon porteur d’avenir.

Un cadre permanent pour faire front

Nous en appelons donc à l’affirmation d’une gauche enfin à gauche. Qui n’oublie plus la nécessité de redistribuer les richesses. Qui soit en phase avec les aspirations des salariés, avec ou sans papiers, des quartiers populaires, des jeunes. Qui conjugue urgence sociale, urgence démocratique et urgence écologique. Qui permette au peuple d’exercer sa souveraineté dans tous les domaines. Qui place l’égalité entre hommes et femmes au cœur de son projet. Qui milite pour un nouveau mode de production et de consommation, soutenable et respectueux des équilibres écologiques. Qui promeuve la construction d’une autre Europe et des rapports de codéveloppement avec le Sud. Qui devienne, ce faisant, une véritable force.

Militants politiques, acteurs du mouvement social et culturel, nous pouvons dès à présent agir de façon coordonnée. Sans préalable sur les engagements des uns et des autres, construisons un cadre permanent qui nous permette, ensemble, nationalement et localement, de réfléchir aux moyens d’une vraie réponse politique aux attaques de la droite et du Medef et d’aborder les grands rendez-vous qui s’annoncent. D’ici l’été, que chacun et chacune se saisisse de cette proposition sur le terrain. Et retrouvons-nous à l’occasion d’un grand rendez-vous national en septembre, afin de prolonger ces échanges."

Premiers signataires :

Paul Ariès, Ariane Ascaride, François Asensi, Clémentine Autain, Christophe Barbillat, Francine Bavay, Hamida Bensadia, Pierre Bergougnoux, Jacques Bidet, Martine Billard, Jean-Jacques Boislaroussie, Patrick Braouezec, Bernard Calabuig, Yves Contassot, Eric Coquerel, Emmanuelle Cosse, Thomas Coutrot, Claude Debons, Bernard Defaix, Marc Dolez, Annie Ernaux, Jean-Claude Gayssot, Jacques Généreux, Susan George, Dominique Grador, Robert Guediguian, Michel Husson, Raoul-Marc Jennar, François Labroille, Frédéric Lebaron, Jacques Lerichomme, Philippe Mangeot, Roger Martelli, François Maspero, Gérard Mauger, Marion Mazauric, Daniel Mermet, Mohammed Mechmache, Philippe Meyrieu, Claude Michel, Yann Moulier-Boutang, Dominique Noguères, Michel Onfray, Christian Picquet, Christophe Ramaux, Yves Salesse, Denis Sieffert, Patrick Silberstein, Evelyne Sire-Marin, Emmanuel Terray, Rémy Toulouse, Marcel Trillat, Christophe Ventura, Marie-Pierre Vieu, Claire Villiers.

Mardi 03 Juillet 2007

Le mouvement Utopia (http://utopiaterre.free.fr/) rassemble des militants du PS, des Verts ainsi que des citoyens engagés dans le monde associatif ; un mouvement transversal, ouvert sur la société civile, dont la démarche devrait inspirer tous ceux qui aspirent aujourd’hui à la construction d’un pôle alternatif, progressiste et humaniste à gauche…

Ce texte, rédigé par Utopia, présente à mon avis la nécessaire remise en cause d’un modèle de développement destructeur de l’environnement et de l’homme sur laquelle doit s’édifier un vaste mouvement populaire qui rassemblerait les écologistes, les altermondialistes, les féministes, et tous les citoyens porteurs des combats émancipateurs et de l’idéal humaniste que nous voulons faire revivre.

« Ce socle est la « base théorique » partagée par tous les utopiens.

L’ambition d’UTOPIA est double :

Réfléchir et dessiner un projet de société fort et mobilisateur, se pencher sur la question du sens, de l’idéal.

Porter ensuite cet idéal dans les partis et associations de Gauche afin de peser de façon la plus efficace possible sur les différentes lignes idéologiques

Pour UTOPIA, mettre en avant un idéal, c’est d’abord définir clairement les critères d’une bonne société
Pour nous, ces indicateurs sont forcément pluriels :
C’est la répartition des biens et des revenus, l’accroissement du niveau d’éducation et de santé de l’ensemble de la population, l’accès et la qualité des services publics, la vitalité de la vie sociale et démocratique, le respect de l’environnement, la sécurité économique …

Or, nous estimons qu’il existe trois obstacles principaux dans notre société actuelle pour parvenir à cet idéal.
Nous appelons ces obstacles « aliénations ».

1/ L’aliénation au dogme de la croissance
2/ L’aliénation à la société de consommation
3/ L’aliénation à la centralité de la valeur « travail »

Nous considérons que ces trois aliénations constituent le moteur même d’un capitalisme inhumain et destructeur.
Nous devons sans ambiguïté rompre clairement avec sa logique et construire une société plus respectueuse des hommes et de leur avenir.

1/ L’aliénation au dogme de la croissance
A Gauche, la quasi-totalité des « élites politiques » –ou presque- prônent une relance forte de la croissance.
C’est devenu la seule boussole de nos dirigeants !

On raisonne comme si notre société n’était qu’une entreprise qui aurait simplement chaque année à reproduire un plus gros chiffre d’affaires.

Si l’on prend l’exemple de la catastrophe aux Etats-Unis, Katerina : des économistes viennent de nous dire que cela allait relancer la croissance ! Et force est de constater que c’est vrai :
le PIB additionne tout et n’importe quoi.

Chacun sait que l’on pourrait se retrouver un jour avec un énorme PIB, et un nombre extrêmement élevé d’exclus, des conditions de travail dégradées, un patrimoine naturel dévasté L’évolution du PIB n’a donc pas forcément à voir avec les indicateurs énoncés plus haut pour définir la vraie richesse d’une société.
Se positionner donc par principe pour la croissance –ou à l’inverse pour une décroissance- n’a pour Utopia, évidemment, pas de sens.
Les questions sont bien : Croissance de quoi, décroissance de quoi, en fonction de quels objectifs et surtout au service de quel idéal !

2/ L’aliénation à la société de consommation

Nous dénonçons une société de consommation qui selon nous, agit par nature contre la construction du lien social, contre la construction d’une société éclairée.


La société d’aujourd’hui veut nous faire croire que tous nos désirs correspondent forcément à un besoin, c'est-à-dire à quelque chose qui peut s’acheter, qui peut immédiatement être comblé, être produit.

La société de consommation nous pousse donc à confondre « besoins et désir ».


Ce que nous dénonçons, c’est bien la consommation entendue comme une composante essentielle de la logique libérale qui nous enferme et nous entretient dans une logique implacable qui ne recherche qu’un maximum de profits…et donc toujours plus de consommation.
Nous dénonçons la logique où l’homme n’est plus qu’un producteur consommateur.

Au-delà même de ce positionnement « politique », le niveau de consommation actuel n’est pas viable écologiquement.

Il est scientifiquement démontré que si les habitants du monde entier avaient le niveau de vie des français, il faudrait 3 planètes pour combler les besoins de chacun ( si l’on se base sur le niveau de vie des américains !).
L’augmentation des températures due à l’activité humaine, le dérèglement de l’écosystème, l’appauvrissement inéluctable des ressources naturelles, sont directement liés à nos modes de vie.
L’humanité n’a donc plus le choix : Elle doit changer radicalement son rapport à la consommation.

3/ L’aliénation à la centralité de la valeur travail

D’emblée, et pour éviter les faux procès, nous nous positionnons sans ambiguïté pour une société du plein et du bon emploi.
Nous devons permettre que chacun puisse avoir accès à un travail et nous militons pour la mise en place de nouveaux droits pour les salariés.

Mais nous pensons que la Gauche doit toute de même « questionner » la centralité de la valeur « travail ».

Aujourd’hui, c’est la seule valeur par laquelle on est « reconnu » et « protégé ».

Le système capitaliste « classe » les gens en fonction de leur utilité économique, c'est-à-dire en fonction de leur « valeur » sur le marché.
Nous dénonçons cette mise en concurrence de différente forme de contribution à la vie collective, de différentes formes « d’être au monde ».

Nous dénonçons également le lien direct qui existe actuellement entre l’exercice d’une activité professionnelle et le système de protection sociale.
L’accès aux soins par exemple à travers le système de mutuelles, est directement lié au travail de chacun .
Rappelons que malgré la CMU et CMU complémentaire, 6 millions de personnes n’en ont toujours pas et 30% de celles qui existent remboursent très mal les soins d’optiques ou dentaires.

Que nous soyons travailleur ou pas, nous pensons à UTOPIA que nous devons être soignés et remboursés de la même façon.
C’est pour cela que nous ne proposons par exemple une disparition des mutuelles et la mise en place d’une couverture médicale unique et uniforme qui rembourse l’ensemble des soins pour les travailleurs et les non travailleurs.

Nous pensons que l’accès aux soins, comme tous les droits fondamentaux, doit être un droit universel non conditionné au statut de la personne.
De façon générale, nous estimons que le travail est un lien social inégalitaire par nature pour deux raisons :
La première car il est considéré dans l’entreprise, comme une ressource comme une autre au service d’une seule logique : la recherche de profit.
La seconde car il est basé sur une relation inégalitaire : le lien de subordination qui existe entre le travailleur et son employeur.

La position d’UTOPIA est simple :

« Oui » à une société du plein et du bon emploi.


Mais « oui » à une société où la valeur « travail » est à sa juste place.
Cette valeur ne doit pas être le passeport unique et obligé pour avoir accès aux droits fondamentaux.


Nous proposons à Utopia un regard différent en remettant en cause la croissance, la société de consommation, et la centralité de la valeur travail.
La remise en cause des ces trois aliénations est la marque de fabrique d’Utopia, elle fonde le socle de l’adhésion à notre mouvement.

Nous défendons le caractère diversifié des activités humaines (amicales, familiales, amoureuses, culturelles, politiques, de production…) leur différence, l’absolue nécessité de chacune, le fait que toutes soient une source d’enrichissement individuel et social.

La perspective d’une société fraternelle, la place fondamentale du citoyen, l’approfondissement du lien social … sont au cœur de notre projet de société.
Notre objectif est bien de faire progresser à notre modeste place, un peu de notre idéal collectif.
Ce qui est en jeu, c’est bien l’essence même de notre humanité. »

Lundi 18 Juin 2007

Oubliée l'Assemblée bleu horizon! Dans un contexte plus difficile qu'en 2002, la gauche renforce sa présence au Palais Bourbon (le PS conquiert de nouvelles circonscriptions, les Verts maintiennent leurs sortants et obtiennent un nouvel élu, le PC perd quelques députés mais sauve les meubles). Les prophéties nous annonçant le tsunami dévastateur ont été démenties par les électeurs qui rappellent à nos chers média que ce sont eux qui ont le dernier mot!

Les Pinocchios désarticulés

L'arrivée en masse (que je craignais) de Pinocchios sur nos plages, charriés par la vague bleue, est limitée. En témoigne la défaite spectaculaire d'Alain Juppé à Bordeaux; l'hypocrisie du gouvernement en matière d'environnement va très vite éclater: quel successeur crédible? Il faut hélas nous attendre à un Pinocchio de substitution...

Le gouvernement sort quelque peu affaibli de ce second tour même si les ténors de l'UMP refusent de l'admettre. Ces résultats sont un coup d'arrêt au rouleau compresseur Sarkozy et un espoir qui renaît au sein de la gauche.

Réflexion, Rénovation, Refondation

Mais la gauche, justement, doit faire encore mieux! Elle ne doit pas décevoir l'espoir placé en elle mais le réaliser. Il faut à tout prix éviter une auto-satisfaction de mauvais ton alors que la droite conserve la majorité absolue. L'heure est venue pour la gauche de réfléchir à ce qu'elle est, à qui elle est. Face à la droite sarkozyste la gauche doit à son tour se décomplexer, c'est-à-dire assumer ses valeurs, assumer sa capacité d'indignation face aux inégalités, aux injustices, aux discriminations et à toutes les formes de violence.

Toutes les composantes de la gauche doivent entamer un débat idéologique profond sur ce qui unit et ce qui rassemble, sans se cacher derrière des clivages en papier crépon, sans se restreindre à des révolutions de palais. Cette réflexion et refondation populaires sont l'affaire de tous les citoyens de gauche qui sont prêts à rechercher de nouvelles convergences et à construire une gauche moderne qui propose, réforme et transforme.

Premières pistes

L'initiative d'un groupe PC-Verts à l'Assemblée est intéressante et va dans le sens d'une réunion de la gauche alternative à côté du PS. Cette voie d'une gauche alternative écologiste, altermondialiste et anti-productiviste doit être explorée.

Ecologiste car une gauche moderne, en phase avec les enjeux contemporains, ne peut que prendre au sérieux le défi environnemental et proposer une politique ambitieuse pour le relever. Il s'agit là d'un enjeu de civilisation!

Altermondialiste car une gauche moderne ne peut que prendre en compte la réalité de la mondialisation et répondre aux peurs légitimes qu'elle suscite en proposant un modèle alternatif qui remet l'être humain au centre. Mondialisons la paix, l'écologie, la solidarité...

Anti-productiviste car une gauche qui réfléchit au modèle de civilisation que nous avons choisi ne peut que remettre en cause un système où l'humain est subordonné à la croissance et au PIB. Il s'agit de repenser le travail, la richesse, l'échange et l'autonomie des personnes.

J'espère que ce blog deviendra l'un des nombreux forums où s'écrira la page nouvelle de cette gauche alternative, force de propositions et d'actions, génératrice d'espoirs et de victoires...

Lundi 11 Juin 2007

Le tsunami bleu annoncé n'a finalement pas eu lieu, mais une vague de grande ampleur a déferlé sur le pays et sur la gauche (je reviendrai sur les conclusions que l'on peut tirer de ces élections législatives lorsqu'elles seront finies, c'est-à-dire le 18 juin). Pour le moment, la plage est en alerte; les baigneurs qui ont préféré parfaire la couleur de leur teint plutôt que choisir celle du Parlement ne s'en inquiètent pas encore (j'en profite pour annoncer un article sur "Corps et société" dans les semaines à venir).

Les premiers effets de la vague se font tout de même sentir. En effet, de nombreux Pinocchio, encore prisonniers de la baleine qui les avait avalés, en ont profité pour s'échapper et ont nagé jusqu'à la plage... Voici ce que disait déjà d'eux Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, dans "Libération" du 6 juin 2007:

"Le ministère de l’Ecologie au premier rang gouvernemental, un Grenelle de l’environnement pour prendre sujet après sujet les mesures nécessaires à la sauvegarde de la planète, en concertation avec les grandes associations. On ne pourrait que se réjouir que MM. Sarkozy, Fillon et Juppé fassent enfin ce que les Verts attendaient depuis des décennies. On aurait tant aimé y croire! Parce qu’à regarder de près on se demande si l’écrivain Carlo Collodi n’avait pas rêvé de nos gouvernants, cauchemardé peut-être, quand il imagina le nez de Pinocchio s’étirant à chaque mensonge.
Déclarations contradictoires, décisions remises à octobre ou aux calendes grecques, l’effet de serre étant moins urgent pour le gouvernement que les déductions d’impôts et les soins aux exilés fiscaux, il y a des signes cliniques inquiétants et on s’inquiète pour la longueur de l’appendice nasal de Leurs Excellences. Le débat semble parfois être clos avant d’avoir commencé. M. Juppé a déjà décidé qu’il n’y avait «pas de solution sans le nucléaire», le réseau Sortir du nucléaire, regroupement de 760 associations, n’étant même pas convié au débat. Les décrets lançant la centrale de troisième génération ne sont pas abrogés; on en parlera aussi à l’automne, après que le coup sera joué. On prétend lutter contre l’effet de serre, mais nul arrêt à la construction des autoroutes.

Nulle déclaration gouvernementale remettant en cause la priorité à la route, la politique en faveur des transports en commun se limite à attaquer le droit de grève. Onprétend défendre la biodiversité, mais on remet à après les vacances un moratoire sur les OGM. Tant pis encore pour la nature et la protection de la santé des citoyens. Alain Juppé disait vouloir «un plan d’actions ambitieux» qui fixerait «des engagements concrets qui constitueront un véritable contrat quinquennal».

On se reverra en octobre, une fois les législatives passées, bien sûr… Il y avait pourtant un moyen d’aller vite sur l’essentiel, de répondre à l’urgence écologique, c’était de ne pas exclure les Verts des rencontres, de reconnaître enfin que l’écologie est un autre projet de société.

Craignons hélas qu’au-delà des promesses de campagne il ne faille pas longtemps avant de déclamer la tirade de Cyrano en voyant les pifs et tarins de nos Pinocchio de président et ministres au journal de 20heures: «C’est un pic, c’est un cap, que dis-je, c’est une péninsule.» En sus des césars du cinéma et des victoires de la musique, les Verts demandent une soirée pour décerner les pinocchios d’or de l’environnement.•"
 
Une vague bleue sans drapeau vert, même si celui-ci est loin d'être à terre...
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